La vie en famille

Hey everyone,

Here are the results of a challenge (Put-me-to-work-for-a-day-in-Burkina) from Isabelle, who asked me to describe to her what it was like to live a day in the life of a Burkinabe family. Here are two:

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Les premiers mouvements humains du village de Kayero commencent un peu avant 5:00 du matin. Nous sommes le 5 septembre 2010 et c’est la période du Ramadan. Les hommes de la famille, Mahdi Tagnan et son fils aîné, Issakou, doivent donc manger avant que le soleil ne se lève, sans quoi ils devront attendre jusqu’à son couché, près de 19:00. Toutefois, ils devront prendre ce petit déjeuner seulement après s’être doucher à l’aide d’un gros sceau d’eau (et d’une petite coupe qui l’accompagne) – autrement, ils n’auront pas le droit de se faire adresser la parole. Le petit déjeuner consiste de maïs transformé en bouillie par la mère d’Issakou, garni de quelques carrés de sucre. Pas très nourrissant – pourtant, cette journée ne sera pas facile.

La douche

La douche

Si ce n’était pas des vacances scolaires, Issakou, âgé de 19 ans, serait présentement logé à une quinzaine de kilomètres de Kayero, dans la petite ville de Léo, en train de poursuivre sa 4e (secondaire 3). Par contre, durant cette période de la saison pluvieuse où toutes les mains disponibles doivent contribuer au bien-être de la famille, il travaille au champs depuis au moins 8:00 comme son père. Aujourd’hui, à quelque kilomètres de sa maison, c’est le sarclage du mil et du maïs avec les bœufs qui l’attend, en plus d’une petite visite guidée qu’il accorde à un jeune blanc venu en apprendre un peu plus sur l’agriculture. Il en profite pour montrer au visiteur son petit champs personnel: un demi-hectare de patates. Un peu plus loin, l’oncle d’Issakou, Seydou Tagnan, enlève les mauvaises herbes dans un champs de coton, un travail pénible et laborieux, pendant que sa famille cultive les arachides.

Issakou au champs

Issakou au champs

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Vers les 6:15 d’un matin en février, la famille Konaté se prépare pour l’école dans la ville de Bobo-Dioulasso. Vivent dans une même cours Monsieur Konaté, sa femme, son 3eenfant Yaya, son petit-fils Rahim, une nièce et un enfant de leur village d’origine “Koula” au Mali. Ces derniers enfants sont ici car c’est probablement leur unique opportunité d’avoir une éducation de base adéquate. Rahim, le plus jeune, ainsi que les autres enfants, sont élèves dans une école primaire près de la maison, Yaya étudie à l’Institut supérieur d’informatique et de gestion, alors que Monsieur Konaté enseigne l’allemand dans plusieurs lycées. Avec les cours qui commencent à 7:30, une bouillie de petit mil est rapidement engouffrée et c’est un départ immédiat, soit à pied, soit en moto.

La bouillie
La bouillie

À 12:30, Monsieur Konaté et les enfants reviennent à la maison pour le repas du midi. Aidée de Abi, la sœur aînée de Yaya qui est de passage à Bobo, Madame Konaté aura utilisé une bonne partie de sa matinée pour leur préparer du riz sauce. Le reste du temps, elle gère un petit commerce familial d’eau, de jus de bissap et de gingembre en sachet, de draps, de pagnes et de bazins, tous vendus à la porte de la maison. La pause du midi durera jusqu’à 15h et inclura probablement une sieste pour les adultes. De son côté, Yaya ne suit aucun horaire fixe, mais divise généralement son temps entre l’université et son travail d’informaticien. Aujourd’hui, comme son cours a été annulé pour la deuxième fois cette semaine, il reste à la maison et s’occupe sur ces machines.

Les enfants de la famille Konaté rentrent de leurs cours à 17:30. Les plus jeunes regardent la télévision ou font leurs travaux, alors que certaines des filles aident à préparer le souper. Rahim, qui a 5 ans, fait ses devoirs de calcul (dans lesquels il est plutôt bon) et ceux de lecture (avec lesquels il a un peu plus de misère). Aujourd’hui, il est aidé par tonton Dana, un visiteur canadien qui passe quelques jours par semaine ici. Entre temps, Monsieur Konaté corrige les travaux de ses élèves, prépare leur prochain examen ou se repose tout simplement, assis dans sa chaise dans la cours. Yaya, lui, travaille sur l’ordinateur d’un client. Le souper est servi vers 18:00 ; ce soir c’est une salade et le même riz sauce qu’à midi.

Konate, sa femme et Rahim
Konate, sa femme et Rahim

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À Kayero, Safinatou, la 2e femme de Seydou, est allée au champs avec ses enfants pour cultiver des arachides durant la matinée. Par contre, quand elle revient à la maison à 14:00, sa journée de travail est loin d’être terminée, contrairement à Seydou. En effet, six heures de travail intense dans le champs de coton on mérité à ce dernier un après-midi de tranquillité, causant en dessous du manguier avec ses frères, ses amis et – une particularité de cette semaine – un blanc venu de Ouagadougou qui cherche à comprendre leur vie. Quant à elle, Safinatou doit maintenant, avec Zenabou, la 1ère femme de Seydou, préparer le souper à partir de ses éléments bruts – le maïs, les arachides et les haricots – gérer les enfants, pomper l’eau, trouver du bois pour le four, … ses tâches la garderont occupée jusqu’à la nuit.

Préparation de la farine de maïs

Zenabou prépare la farine de maïs

À 20 :00 la nuit est déjà bien tombée sur Kayero. Sans électricité dans le village, ce sont seulement quelques torches achetées en ville qui brillent pour indiquer que les activités continuent. Dans la cours de Seydou, c’est ce dernier qui est d’abord servi un gros bol de riz avec haricots (benga) pour le partager avec l’étranger. En temps normal le Tô (sorte de pâte de maïs) serait au menu, mais la présence du visiteur requiert des mesures spéciales. Les femmes et les enfants de Seydou attendront donc pour se partager ce qu’il restera.

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À Kayero comme à Bobo, la soirée se termine en causerie autour du thé. Au Burkina Faso, il est presque impensable de passer une soirée seul, sans recevoir des voisins ou des amis ou sinon de sortir, de rester sans causer, à regarder la télévision ou à travailler. Comme pour tout, entre le Canada et le Burkina, ainsi qu’entre la ville et le village, les choses sont à la fois très semblables et très différentes.

Merci du défi Isa !

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About dbgiacobbi

I am a volunteer with Engineers Without Borders Canada, spending 10 months in Burkina Faso. I work with an agricultural college (Centre Agricole Polyvalent de Matourkou) and a rural development engineering school (l'Institut du Développement Rural). My idea of development is helping people in Burkina Faso Achieve their potential follow their own vision for themselves, for their school and for their country.
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